
Les coulisses du « Tourbillon » de Bugatti
Pour créer l’impressionnant tableau de bord de la Tourbillon, Bugatti a véritablement fait appel à une entreprise horlogère : Concepto. Assez discrète, celle-ci nous dévoile quelques éléments du cahier des charges et nous raconte comment ce partenariat a vu le jour…
Située au cœur du Jura suisse, à La Chaux-de-Fonds, installée depuis près de 20 ans dans son propre bâtiment industriel de 7500 m², Concepto est l’une des rares Manufactures de mouvements horlogers indépendante, spécialisée dans les grandes complications. Forte d’une équipe de 160 collaborateurs, elle voit sortir chaque année, de ses ateliers, une moyenne de 30.000 mouvements mécaniques et objets de mesure du temps, destinés sa clientèle essentiellement composée de marques horlogères de premier plan.



Un vrai partenariat mécanique
Valérien Jaquet, CEO de Concepto Watch Factory : « Lorsque Mate Rimac nous a contacté, nous avons spontanément imaginé que nous allions devoir concevoir un simple objet de mesure du temps, à l’image du futur modèle Bugatti. Mais nous avons très vite compris que sa vision concernait un composant à part entière du véhicule, central et intégré dans une démarche créative commune à nos deux mondes, à nos deux équipes. Un élément qui présenterait des fonctions mécaniques réelles, précises, et qui sortirait totalement d’un rôle purement décoratif. »
4 ans de recherche et développement
À bord des voitures d’aujourd’hui, les écrans sont devenus la norme. Mais je pense très sincèrement qu’ils ne seront jamais intemporels. Pourquoi ? Car ces écrans doivent recevoir, sans cesse, des mises à jour, pour rester réactifs et efficaces. Quand l’habitacle est trop exposé au soleil, ces écrans deviennent bouillants. Bref, ces écrans ont tous les défauts des smartphones. Voilà pourquoi cette « digital detox » proposée par Bugatti fait un bien fou au monde de la voiture de luxe. « Nous nous sommes engagés dans un processus de développement (R&D) qui aura duré près de 4 ans », dévoile Valérien Jaquet.
À bord des voitures d’aujourd’hui, les écrans sont devenus la norme. Mais je pense très sincèrement qu’ils ne seront jamais intemporels. Ces écrans ont tous les défauts des smartphones.

Tableau de bord mécatronique
Lovés dans un cadre en aluminium massif et usiné « monobloc », 3 compteurs composent cet ensemble qui trône au centre du volant et donne le sentiment d’être suspendu au-dessus de la colonne de direction. Composés de rouages décorés à la main et visibles sous les éléments de lecture ajourés, de chiffres 3D rétroéclairés et de cadrans en métaux divers, chaque compteur offre un spectacle inédit, comparable à l’esthétique des montres de luxe à grandes complications. Les informations principales et utiles au pilote sont indiquées par un jeu d’aiguilles présentant les mêmes finitions que dans l’horlogerie haut de gamme, tout en étant parfaitement lisibles grâce à d’ingénieux systèmes lumineux.
Matières, finitions, décorations particulières sont mises en valeur et scellées sous 3 grandes glaces taillées en saphir. Le compteur central affiche en son pourtour l’échelle de vitesse dont les chiffres se présentent en volume. Au centre, se dévoile le compte-tours suspendu. Un discret écran digital complète l’ensemble et confirme en temps réel les informations analogiques distillées par les aiguilles.
Le compteur de gauche, composé de 3 sous-cadrans, est quant à lui réservé aux différentes jauges de niveaux du moteur hybride (charge et essence) ainsi qu’au contrôle des températures.
L’ensemble du tableau de bord est complété par le compteur droit, dédié aux indications de développement des puissances instantanées tant électriques que thermiques.
Le tableau de bord mécatronique (mélange de mécanique et d’électronique) à affichages hybride – analogique et digital – est breveté. Il a été intégralement développé et mis au point à La Chaux-de-Fonds par les équipes de Concepto Watch Factory, avec le soutien d’entreprises locales installées dans un rayon de 30 km. 100% des composants mécaniques, micromoteurs et affichage (hors écran digital) sont produits en Suisse.
Ce tableau de bord n’est-il pas un chef d’œuvre dans un chef d’œuvre ?
