
Interview Tej Chauhan : « Creating the unexpected »
Rado est une marque qui aime les rassemblements liés au design. C’est d’ailleurs au salon du design à Milan que Rado et le designer londonien Tej Chauhan se sont rencontrés. Mais pour leur deuxième collaboration, c’est à la foire Collectible de Bruxelles, en mars dernier, qu’ils nous ont donné rendez-vous.
Tej Chauhan a remis la Rado DiaStar et son boîtier atypique à l’heure moderne, voire futuriste ! Vous allez le découvrir dans l’interview qui suit : le designer adore les astronautes et leurs combinaisons. D’où le boîtier en or qui peut rappeler le casque d’un spationaute et le blanc du bracelet pour sa combinaison. Du moins, on peut l’interpréter ainsi. Ensuite, on se doit de mentionner un secret caché : un double disque pour les jours de la semaine. Un premier disque est décoré des jours en blanc, plus classique, tandis qu’un deuxième reprend les couleurs et la police de l’artiste. Une « pièce de musée » à 2.500 €, inspirante pour échanger quelques mots avec l’artiste.

J’ai pu lire qu’enfant, vous aimiez dessiner des voitures. Quels étaient vos modèles favoris ?
Enfant, j’avais deux posters dans ma chambre : la Lamborghini Countach LP400 et la 911 SC. La Countach vous offre vraiment un effet « waouh », voilà pourquoi je l’ai toujours en miniature dans mon bureau. Ça me donne de l’inspiration et me rend heureux. Si j’en viens à la 911, j’adore la forme. Vous mettez une paire de skis sur le toit et c’est tout simplement adorable !
Quel est le plus grand défi quand vous devez dessiner une montre ?
C’est de parvenir à déclencher les émotions que nous souhaitons communiquer. Il y a le côté design mais aussi le côté pratique. Ça reste un instrument de précision. Mais le côté design peut déclencher de l’excitation. Dans le cas de la Rado DiaStar que j’ai pu réinterpréter, nous avons bien sûr gardé la forme originelle du boîtier. Et dans le cahier des charges, je devais intégrer un bracelet en caoutchouc. Je dois avouer que je n’étais pas fan de cette idée. Je préfère le cuir. Mais finalement, avec le caoutchouc, on a pu créer des formes précises, très fidèles à mes idées.
Peut-on porter cette Rado DiaStar avec n’importe quelle tenue vestimentaire ?
Bien sûr ! Pourquoi pas ? J’attache beaucoup d’importance à l’accessibilité dans mon travail, même quand il s’agit d’une marque de montre suisse haut de gamme. C’est important pour moi que tout le monde apprécie mon travail. Voilà pourquoi cette nouvelle DiaStar est aussi non-genrée. Tout le monde peut l’apprécier ; ça crée donc beaucoup d’interactions.




Où trouvez-vous votre inspiration ?
Partout. Dans chaque expérience, chaque forme, odeur, etc. J’adore la science-fiction. J’aime me voir vivre dans le futur. Autrement dit, je suis très attiré par l’espace, l’exploration spatiale, les combinaisons de cosmonaute, etc. L’objectif de mes créations est de susciter de l’émotion. Si les gens cessent de scroller sur leur smartphone et s’arrêtent devant ma création, c’est gagné. Ce n’est pas tellement une question de bel objet ou non mais plutôt de créer une connexion avec les gens, créer l’inattendu.
Comment définir votre signature artistique ?
« Le souvenir d’un futur proche » est le slogan visible dans mes bureaux. Cela signifie de rendre des objets du futur accessibles maintenant, dans le présent.
Vous avez déclaré dans une interview avoir une relation complexe avec le temps qui s’écoule… Qu’est-ce que cela signifie ?
Tout simplement que je me lève tard et que je travaille tard. Les journées 9-17h ne sont pas faites pour moi (rires).
Quel est le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans votre travail de designer en 2025 ?
Pour l’instant, je n’utilise pas l’IA pour la création. Et je ne pense pas que ça va remplacer la création car l’IA manque du côté émotionnel. Mais l’IA peut éventuellement générer des images qui vont nous inspirer.
Quel est le secret pour créer un buzz dans le monde du design en 2025 ?
Être authentique. Se différencier, mais d’une façon sensée. Il faut marquer les gens pour rester dans leur esprit.
Propos recueillis par Maxime Pasture


