Alfa Romeo Giulia Luna Rossa : bonne surprise du Brussels Motor Show !

Ad Personam chez Lamborghini, Sonderwunsch chez Porsche ou encore Manufaktur chez Mercedes… Voici Bottegafuoriserie chez Alfa Romeo. La marque fait parler de son nouveau département « sur mesure », avec un premier modèle qui ne fait pas dans la dentelle.

Pour lancer Bottegafuoriserie, Alfa Romeo a voulu marquer les esprits… et les rétines. Le premier projet issu de ce nouveau département de personnalisation haut de gamme est une Giulia Quadrifoglio revue et corrigée, baptisée Luna Rossa, en référence au célèbre voilier engagé en America’s Cup.

Ailerons atypiques

Produite à seulement 10 exemplaires, cette série spéciale pousse très loin le curseur de la démonstration, notamment sur le plan aérodynamique. Les soubassements sont retravaillés, les jupes latérales spécifiques, la face avant reçoit des écopes en carbone, et les deux petits ailerons arrière sont inspirés des foils du voilier. Sur ce dernier, ils poussent le bateau vers le haut. Ici, ils plaquent la voiture au sol, fournissant quelque 140 kg d’appui à 300 km/h.

Le moteur reste la version 520 ch du V6 2.9 biturbo, mais il chante à travers une ligne d’échappement Akrapovič spécifique, plus expressive. À bord, l’ambiance se veut tout aussi exclusive, avec des sièges Sparco inspirés de l’équipement nautique de l’équipage Luna Rossa et même un insert réalisé à partir d’une véritable voile.

Petite crise ?

Sans surprise, les 10 exemplaires ont trouvé preneur avant même la présentation officielle. Une preuve supplémentaire qu’il existe toujours une clientèle prête à suivre Alfa Romeo dans ses « délires » les plus extravagants. Cela étant, la Luna Rossa est aussi symptomatique de ce que traverse Alfa Romeo depuis trop longtemps. Entre ces séries ultra-exclusives (8C, 4C, Giulia GTA, aujourd’hui celle-ci) et des modèles beaucoup plus rationnels comme les Junior ou Tonale, la marque italienne continue de se débattre avec une crise d’identité, ou, à tout le moins, de positionnement.

Mais ne soyons pas bégueules : on se réjouit évidemment qu’à défaut de cohérence parfaite, Alfa Romeo continue de provoquer, d’oser et de faire vibrer la corde émotionnelle. Et dans une industrie de plus en plus lisse, chaque extravagance de ce genre rappelle pourquoi la marque milanaise reste profondément ancrée dans le cœur des passionnés.

Par Laurent Zilli