
Le Zoute GT Tour en électrique : fun ou pas ?
Après avoir effectué un roadtrip de Paris à Dieppe en Alpine A390, j’ai remis le couvert en participant au Zoute GT Tour au volant de la version GTS. Dans les deux cas, la même curiosité m’animait : un petrolhead peut-il prendre du plaisir en effectuant un roadtrip en sportive électrique ?
Testant de plus en plus de voitures 100% électriques, qu’elles soient sportives ou non, avant même de prendre le départ de mon roadtrip et du Zoute GT Tour, j’avais déjà un élément de réponse à ma question « fun ou pas ? » Mais gardons un peu le mystère.
Fin juin, j’ai pris le volant d’une A390 de l’Atelier Alpine à Paris jusqu’à Dieppe. Un trajet de 200 km partagés entre autoroute, nationales, départementales et quelques kilomètres en bord de mer. Pour effectuer pareille distance, l’A390 convient parfaitement avec son autonomie grimpant jusqu’à 555 km (sur papier). Confort, sérénité, combo puissance/couple de 400 ch/661 Nm bien plus que suffisant et aucun besoin de recharger sur le parcours. Jusqu’ici, tout va bien. Il y a quand même un « mais »… On y vient plus bas.

Car pour le Zoute GT Tour du Zoute Grand Prix, c’était une toute autre histoire. Réception de l’A390 GTS à Drogenbos chez Renault/Alpine Belux, spectacle à Liège, retour au domicile. Beaucoup d’autoroute, donc, et une consommation qui s’envole, surtout avec les grandes jantes de 21 pouces. Passage à la borne de recharge rapide obligatoire, 2 fois, avant le départ vers Knokke le dimanche matin. Et là, la batterie « Hautes Performances » de notre A390 GTS ne prendra jamais le pic de puissance annoncé de 190 kW. Résultat : beaucoup de temps passé au chargeur rapide, n’ayant malheureusement pas la possibilité de charger à la maison. Puis, arrivée à Knokke le dimanche matin et obligation de charger la batterie quasiment à fond avant de prendre le départ du GT Tour. À nouveau, la recharge coincera à 101 kW, malgré une batterie préchauffée. Mais nous voilà partis pour environ 250 km de rallye. Point positif : avec les limitations de vitesse drastiques en Flandre, malgré trois épreuves sportives sur route fermée, nous n’avons pas explosé la conso’. À aucun moment de la journée, nous n’avons dû recharger. Autre point positif : avec ses trois moteurs électriques, dont deux sur le train arrière, ce « sport fastback » offre un réel plaisir en conduite très dynamique. Malgré son poids en ordre de marche aux environs de 2,1 tonnes, nous avons effectué le 22e temps sur 169 GT lors de l’épreuve de vitesse et d’agilité chronométrée. Oui, une sportive électrique bien conçue comme l’Alpine A390 GTS peut donc être fun… et efficace !
Mais, on arrive enfin à notre « mais »… Lors du Zoute GT Tour, les nombreux spectateurs en bord de route n’étaient pas seulement là pour admirer des voitures de prestige. Ils voulaient aussi entendre du bruit ! V12, V10, V8, 6-cylindres rageur… En fait, là est le seul élément qui manque vraiment aux sportives électriques : la symphonie d’un moteur thermique…
Par Maxime Pasture – Photos : Laurent Chrétien

