Alfa Romeo 33 stradale

Une ligne et un son légendaires 

Au milieu des années 60, Alfa Romeo est en manque de compétition. La création du prototype « Tipo 33 » donnera également naissance à une routière majestueuse, devenue collector : la 33 Stradale.

Saviez-vous qu’en mars 1967, la première version de la Tipo 33/2 Sport Prototype (baptisée « Periscopica » en raison de la forme de la prise d’air dynamique derrière le pilote) est arrivée en tête d’une course de côte en… Belgique, à Fléron, près de Liège ? La même année, la routière 33 Stradale était présentée.

Alfa Romeo 33 stradale

La compétition dans les veines

En 1964, le président d’Alfa Romeo, Giuseppe Luraghi, acquit Autodelta afin de recréer une équipe de course. C’est la même année que débuta le projet « 33 ». Luraghi demanda à son équipe de concevoir une voiture qui pourrait prendre part aux compétitions les plus en vue de son époque, dans le but d’attirer l’attention de la presse et du grand public, à savoir le championnat du monde des voitures de sport.

Moins de 700 kg

Le premier châssis de la 33 conçu par Alfa Romeo fut livré aux ateliers Autodelta en 1965. Il présentait une structure tubulaire asymétrique en forme de H, avec des réservoirs à essence internes. Dans la partie avant, une structure en magnésium constituait un emplacement parfait pour les suspensions, les radiateurs, la direction et le pédalier.

Le moteur et la transmission étaient quant à eux montés longitudinalement en position centrale arrière. La carrosserie était réalisée en fibre de verre, afin de limiter le poids total de la voiture à 600 kg, le minimum réglementaire du championnat du monde des voitures de sport.

Environ deux ans allaient passer avant que la 33 ne soit prête à courir. Lors de ses premiers essais, le modèle adopta le moteur 4 cylindres de 1.570 cc de la TZ2 ; dans le même temps, un tout nouveau bloc fut développé, avec une configuration à 8 cylindres en V, d’une cylindrée de 2 litres pour une puissance initiale de 230 chevaux. C’est très exactement cette motorisation qui allait prendre place dans la 33 Stradale créée en petite série pour des clients privés. On parle de 18 exemplaires très exactement, dont 6 châssis n’ont servi qu’à des études de style (la Carabo, notamment).

Alfa Romeo 33 stradale

Pour la première fois sur une voiture conçue pour circuler sur la route, des portes à ouverture en élytre facilitent l’accès à bord d’un véhicule qui s’élève à moins d’un mètre du sol. Les seules différences avec la version de course sont l’empattement allongé de 10 cm ainsi qu’un châssis en acier au lieu de l’aluminium. Le moteur est le même que dans la Tipo 33, réalisé entièrement en aluminium et alliage de magnésium, avec une injection mécanique indirecte. La distribution est prise en charge par un double arbre à cames en tête, avec deux soupapes et deux bougies par cylindre.

Sur une voiture aussi légère (700 kg pour la Stradale contre 600 pour le proto de course), les 230 chevaux impliquent que la voiture atteint aisément la vitesse maximale de 260 km/h, avec le 0 à 100 km/h établi en 5,5 secondes.

Alfa Romeo 33 stradale

L’avant-première à Monza

Le modèle a été officiellement présenté au Salon de Turin en novembre 1967, mais avait cependant été dévoilé quelques semaines auparavant à une audience d’experts enthousiastes, à l’occasion du Grand Prix d’Italie 1967 (9e épreuve du Championnat du Monde de Formule 1).

À son lancement, la 33 Stradale était la voiture de sport la plus chère du marché, proposée à environ 10 millions de lires, contre 6 à 7 millions pour ses rivales les plus prestigieuses. Leurs acheteurs ont réalisé l’investissement de leur vie : ces voitures sont aujourd’hui quasi inestimables en terme de prix, surtout quand il se murmure qu’il n’en reste que 5 ou 6 au monde !

Alfa Romeo 33 stradale

Par Maxime Pasture

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