Le long de la Drève Richelle, à Waterloo, une maison abrite un savoir-faire hors du commun. Rencontre avec Alain De Nys, troisième génération d’une incroyable lignée de créateurs de montres.

Les montres, c’est une véritable histoire famille chez vous…

« C’est le moins que l’on puisse dire. Elles sont gravées dans mes gênes. Mon grand-père, Ali Kinsbergen, a créé la marque Pontiac en 1931. A son décès en 1969, ma mère a dirigé la société jusqu’en 1977. C’était une authentique femme d’affaires, à une époque où ce statut était réservée aux hommes. En 1978, elle lança se propre marque avec ses initiales : JK pour Johanna Kinsbergen. Tout un symbole. »

Et vous, pendant ce temps ?

« En 1982, avec mon frère Philippe, nous avons ouvert le restaurant ‘Les deux frères’ à Uccle. Ce fut un succès immédiat. Mon parcours professionnel m’a ensuite emmené vers les assurances. »

Pour mieux revenir aux montres, donc ?

« En effet, un jour ma mère nous a dit : ‘nous allons refaire une montre’. Mais pas une Pontiac, qui n’était plus dans l’air du temps. C’est ainsi qu’est né ‘Alansphil’, contraction du prénom de mon frère et du mien. C’était en 1986, et nous faisions des montres extra-plates, face de lune. Quelques mois plus tard, c’est l’aventure Breitling qui commençait. »

Comment s’est-elle déroulée, cette aventure Breitling ?

« C’était l’époque de Top Gun, et nous voulions un beau chrono. Après la foire de Bâle, nous avons contacté Breitling pour importer et distribuer la marque en Belgique. Les débuts furent compliqués, mais finalement le succès fut au rendez-vous pendant 17 ans. Malheureusement, en 2003, nous avons dû cesser ce partenariat suite à un différent commercial. »

Quelle fut la suite ?

« J’ai importé Victorinox, mais en réalité je ne voulais plus travailler pour les autres. J’ai donc suivi la devise de ma mère qui a vécu trois ans et demi dans les camps de concentration japonais en Indonésie : ‘Demain sera toujours meilleur !’. En 2003, je décide donc d’aller chercher le nom ‘Bombardier’ au Canada. Je convaincs ce leader de l’aéronautique de fabriquer des montres, avec un pied dans le Jura. De mon côté, je m’occupais de la création, de la commercialisation et de la distribution. »

Quid de GMT dans tout cela ?

« L’aventure GMT a commencé en 2010, lorsque j’ai voulu proposer des montres plus accessibles que les Bombardier, mais sans faire aucun compromis sur le design et la qualité (fabrication italienne, mouvement japonais Miyota ou suisse). Aujourd’hui, je suis un homme heureux car je ne dois rendre de compte à personne, hormis mes clients. Nous avons d’ailleurs ouvert un service après-vente toutes marques. Mes deux fils développent également une nouvelle marque de montres qui s’appellera Ponctuel, et qui sera sur le marché en fin d’année. La quatrième génération est en route ! »

Frédéric De Backer
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