
Humeur – Esprit de la F1, es-tu là ?
J’écris cet article à chaud, après la troisième course de Formule 1 2026.
En devenant quasiment hybride à 50%, avec près de la moitié de la puissance provenant d’un moteur électrique devant être alimenté par une petite batterie, la F1 n’a jamais connu un tel bouleversement réglementaire et technologique. Mon titre peut sembler négatif mais je pense que tout n’est pas à jeter. Malgré l’avance des Mercedes, il y a énormément de dépassements, bien plus que durant la saison écoulée et il n’est pas si facile de faire des pronostics gagnants. La hiérarchie des dernières années est bouleversée, il y a du spectacle en piste et on aime ça. En revanche, il y a aussi des absurdités liées au nouveau règlement : la gestion de l’énergie varie beaucoup trop d’une écurie à l’autre et d’une situation à l’autre. Est-il logique que, dans certaines conditions, des pilotes perdent subitement 50 à 60 km/h en pleine ligne droite pour recharger la batterie, alors qu’ils sont pied au plancher !? Non, je ne le pense pas. Ce phénomène appelé le « super clipping » est même incompréhensible pour le grand public. Et, surtout, ça n’entre pas, selon moi, dans l’esprit de la F1. Dès le début de la saison, je me doutais que cela provoquerait des accidents. Cela s’est vérifié au Grand Prix du Japon, où cette absurdité a amené un terrible crash entre la Haas de Bearman et l’Alpine de Colapinto, la différence de vitesse entre les deux voitures étant subitement beaucoup trop importante – 50 km/h environ – dans une section ultra-rapide du circuit de Suzuka.
Alors, oui, chaque nouvelle réglementation nécessite son lot d’adaptations. Mais, cette fois, ça urge, car en plus de sortir de l’esprit de la F1, ces différences de vitesse trop importantes liées à la recharge de la batterie amènent trop de danger en piste. Espérons que la reprise au mois de mai, après une pause d’un mois, se fasse dans des conditions plus acceptables et qu’on se rapproche davantage de ce que devrait être la F1…
