McLaren Senna

McLaren Senna

La voiture de tous les records

Avec 800 chevaux pour moins de 1.200 kg, les records s’apprêtent à tomber ! Si la Senna ne sera produite qu’à 500 exemplaires (évidemment déjà tous vendus), nous avons quand même eu le privilège d’en piloter une sur le circuit d’Estoril !

Impressionnante ! C’est le premier adjectif qui vient à l’esprit en découvrant la McLaren Senna qui nous attend dans les paddocks du circuit d’Estoril. En guise d’apéritif, les Anglais ont suspendu à des fils en nylon les différents éléments de carrosserie. « Soulevez-les, vous allez être étonnés ». Cette voiture est effectivement une plume de carbone ! Tout a été fait pour minimiser son poids, à commencer par l’énorme aileron actif qui ne pèse que 4,87 kilos mais peut supporter plus de 100 fois son poids. Quant aux panneaux de « carrosserie » qui enveloppent le châssis monocoque, ils ne pèsent que 60 kilos réunis. Au total, la Senna affiche à peine 1.198 kilos sur la balance. C’est quasiment 100 kilos de moins que la 720s !

L’efficacité d’abord

De l’autre côté du hangar, notre exemplaire d’essai nous attend, portes déployées. Belle, cette Senna ? Pas vraiment ! Ce n’était d’ailleurs pas le but recherché. Lors de sa conception, c’est la performance aérodynamique qui a primé. Les ingénieurs de Woking ont volontairement sacrifié l’élégance sur l’autel de l’efficacité, et ils l’assument pleinement. La voiture a été conçue pour minimiser les interruptions de flux d’air, assurer un refroidissement optimal et générer un maximum d’appui : 800 kilos à 250 km/h, c’est 40% de plus que la déjà extraordinaire P1 ! Jupes, volets passifs et actifs, extracteurs et diffuseurs travaillent de concert. Quant à l’énorme aileron à commande hydraulique, il s’adapte en continu pour optimiser l’équilibre de la voiture et sert d’aérofrein lors des gros freinages.

Après quelques tours de reconnaissance au volant d’une 720s, histoire de mémoriser les trajectoires et les points de freinage, la Senna ouvre grand ses portes en élytres pour m’accueillir à bord. Inspirées de la McLaren F1, ces portes s’ouvrent vers l’avant et le haut en emmenant avec elles une partie du toit, ce qui facilite l’accès à bord avec le casque. Notre exemplaire est équipé de l’option « Door Gorilla Glass » : la partie inférieure des portes est vitrée, ce qui offre une vue imprenable sur la piste. Amusant, mais pas vraiment utile. Ce qui l’est, par contre, ce sont les réglages du siège (profondeur) et du volant (hauteur et profondeur). Du coup, la position de conduite est parfaite.

0 à 200 KM/H en 6,8 secondes

Une pression sur le démarreur, et le V8 biturbo s’ébroue dans un grondement sourd. Le temps de sélectionner le mode « Race », et je sors de la pitlane pour m’attaquer à ce circuit plutôt technique et bosselé. Par rapport à la 720s pilotée quelques instants plus tôt, la Senna se montre d’emblée beaucoup plus méchante. Le V8 4 litres biturbo développe ici 800 chevaux à 7.250 tr/min, et le couple atteint 800 Nm de 5.500 à 6.700 tr/min. Le rapport poids/puissance atteint 668 chevaux/tonne ! De quoi passer de 0 à 200 km/h en 6,8 secondes et atteindre 340 km/h en pointe !

Par rapport à la 720s pilotée quelques instants plus tôt, la Senna se montre d’emblée beaucoup plus méchante.

A Estoril, en bout de ligne droite, un furtif coup d’œil au compteur indique 270 km/h. Je plante mon pied dans la pédale de frein au panneau 200 mètres. C’est beaucoup trop tôt, je m’en rendrai compte au fil des tours. Le freinage est en effet l’un des aspects les plus impressionnants de cette voiture. Il ne lui faut que 100 mètres pour passer de 200 km/h à l’arrêt, et 215 mètres pour passer de 300 km/h à l’arrêt. L’autre surprise concerne l’équilibre de la voiture et sa facilité de prise en main. Je craignais d’être confronté à un monstre indomptable, il n’en est rien. La suspension hydraulique fait merveille et maintient la voiture parfaitement à plat malgré la débauche de forces en tous genres. Et lorsqu’on y va un peu trop fort, les dérives du train arrière se contrôlent facilement en dosant l’accélérateur et en corrigeant au volant. Un pur régal.

Entièrement assemblée à la main, la McLaren Senna nécessite 300 heures de travail avant de poser les roues sur l’asphalte. Mais même si vous avez 937.000 € à dépenser, n’insistez pas, il n’y en a plus !

 

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