VENEOR

Haute maroquinerie

Dans une aile du château d’Hasselbroek, en Hesbaye Limbourgeoise, l’atelier de Veneor perpétue un savoir-faire d’exception dans l’art de la maroquinerie de luxe.

Dans la cour du château d’Hasselbroek, rien ne semble avoir changé depuis le 18e siècle. L’édifice a été construit en 1770 par un proche conseiller du prince Evêque de Liège François-Charles de Velbrück, qui en fit sa demeure d’été. Il se dit même que Mozart y passa une nuit lors de son tour d’Europe vers Paris. C’est là que Charles Sagehomme a décidé de s’installer avec femme et enfants. Le bâtiment était dans la famille depuis 1840, et la rénovation a commencé en 2012. « Nous nous sommes installés dans l’aile mosane deux ans plus tard, à la suite d’importants travaux » explique le propriétaire. A l’époque où le projet commençait à se dessiner, Charles Sagehomme faisait son mémoire d’ingénieur de gestion sur la faisabilité économique de la restauration et de l’affectation de la demeure. « Je voulais y vivre, mais la taille des bâtiments était telle qu’il fallait trouver une autre affectation pour les lieux. L’événementiel n’était pas compatible avec la sphère privée, et je voulais retrouver le côté artisanal et artistique que j’affectionne. C’est ainsi que m’est venue l’idée d’y travailler le cuir. »

L’univers de la chasse

Issu d’une famille lainière de la région de Verviers, le propriétaire a une affection particulière pour les belles choses de la mode. « L’envie de lancer une marque me titillait depuis longtemps, et le cuir a l’avantage d’être un matériau qui dure dans le temps et se transmet entre générations. D’un point de vue économique, c’est un produit stable en termes de rotation de modèles et de collection. » Passionné de chasse, c’est naturellement vers cet univers que Charles Sagehomme se tourne au moment de réaliser les premières esquisses (étuis à fusils, sièges trépieds, housses et besaces).

Sur-mesure

Au gré de ses rencontres, le châtelain croise la route de Fabian Vanesse, un artisan maroquinier qui a fait ses classes chez Hermès. « Le courant est immédiatement passé entre nous, et j’ai eu envie d’aller au bout du concept : intégrer l’atelier de confection au château. C’est ainsi que fut lancée la rénovation de la seconde aile du bâtiment. Dans les anciens garages à calèches, une imposante structure métallique a dû être érigée pour soutenir les murs. Un travail titanesque. » C’est là que le maître maroquinier et ses apprentis confectionnent leurs modèles sur-mesure, caractérisés par des couleurs chatoyantes. « Ici, tout ou presque est réalisé sur-mesure et à la demande des clients. Nous les accueillons au château afin qu’ils puissent totalement personnaliser leur commande. C’est un véritable écrin, bien mieux adapté qu’une boutique à ce type d’activité » conclut Charles Sagehomme.

Par Frédéric de Backer

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