Interview Pierre Vanherck : « Je propose des copies numériques de mes œuvres »

Nous avions rencontré Pierre Vanherck l’été dernier, dans son atelier de confection de cannes situé à Lillois (voir l’article ici). Cette fois, nous l’avons croisé à la sortie du salon des arts contemporains de Bruxelles art3f où l’artiste a exposé ses plus belles cannes dans des cadres, comme des tableaux…

Comment s’est déroulé ce salon de Bruxelles des arts contemporains 2021 ?

C’était vraiment super ! Les visiteurs ont d’abord été surpris de voir des cannes dans des cadres. Puis, ils se sont rendus compte que les cannes tournaient dans le cadre ! Plusieurs questions en ont découlé et j’ai eu d’excellents échanges avec les plus curieux.

Je suppose que, comme beaucoup, ça devait faire quelques temps que vous ne vous étiez plus rendu sur un événement…

Oui, d’autant plus qu’il y a quelques années, j’avais décidé d’arrêter les salons d’artisans. J’ai profité du confinement pour créer ces cadres dans lesquels j’insère mes cannes. Même les autres artistes étaient surpris de mes œuvres. J’étais donc ravi !

Quelle nouveauté avez-vous présenté sur ce salon des arts contemporains bruxellois ?

Il y a 3 semaines, avec mon beau-fils, j’ai eu l’idée de créer une œuvre numérique ou plutôt, une copie numérique de mes tableaux. Créer cette œuvre en NFT (Non Fungible Token ou jeton non fongible en français, NDLR) permet également de certifier mon œuvre physique. Je m’explique : chaque œuvre numérique est certifiée non-fongible c’est-à-dire qu’elle est unique, inviolable, infalsifiable. Ces jetons non fongibles sont appelés à prendre de la valeur avec le temps. J’ai donc décidé de livrer, avec chacune de mes cannes d’art contemporain, lorsque la canne sort de son cadre, la copie numérique certifiée en NFT. Ces certificats NFT sont sécurisés par la blockchain (protocole informatique décentralisé permettant de chiffrer et sécuriser des transactions à travers le réseau Internet, NDLR). En tant qu’ancien informaticien, je suis très enthousiaste par rapport à cette nouveauté. De plus, j’insère dans chacune de mes cannes une puce RFID (Radio Frequency Identification, NDLR) qui, une fois scannée avec son smartphone, donne accès à sa copie et à son certificat numérique.

Vous utilisez la technologie NFT en complément à vos œuvres physiques. Mais en tant qu’artiste, que pensez-vous des œuvres en NFT uniques, qui ne sont pas liées à des œuvres physiques ?

Je suis assez mitigé car selon moi, pour être artiste, quoi qu’il arrive, il faut un savoir-faire. Il faut qu’il y ait une réalisation. Derrière toute œuvre d’art se cache un artiste qui met en avant ce savoir-faire en se différenciant des autres. Mais je ne suis pas graphiste : je ne peux donc pas estimer le temps ni le savoir-faire qui se cachent derrière la création virtuelle d’une œuvre.

Revenons à votre œuvre physique : comment établit-on la longueur idéale d’une canne ?

Le client, chaussures de ville au pied, doit se tenir droit, debout. Je mesure alors la distance du sol jusqu’à son poignet et je rajoute 3 à 4 cm, que j’adapte selon chaque client, pour qu’il bénéficie du meilleur confort. De cette manière, le client peut même s’appuyer avec ses deux mains sur sa canne avec une posture très élégante et confortable, durant une conversation, sans se fatiguer…

Propos recueillis par Maxime Pasture
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