
Essai Aston Martin Vantage Roadster : Sexy Animal
Éternellement à la traîne derrière ses rivales directes, Aston Martin ne perd pourtant rien de son aura magnifique. Le paradoxe est que la marque traverse actuellement l’une de ses meilleures périodes en termes de produits. Et la Vantage Roadster le prouve, avec un caractère devenu rare dans cette catégorie.
Porsche, Ferrari, Lamborghini. Voici donc celles qu’Aston Martin doit affronter depuis des décennies. Toutes ont connu des périodes tumultueuses. Toutes ont failli être englouties par les dettes. Mais toutes ont trouvé, il y a plus ou moins longtemps, le soutien solide qui leur a permis de devenir des entreprises rentables. Toutes, sauf… Aston Martin qui, après chaque changement de propriétaire, a eu du mal à retrouver un positionnement concurrentiel, et/ou à se montrer à la hauteur du positionnement visé. Disons-le sans détours : il n’y a encore pas si longtemps, moins de 10 ans, il fallait vraiment être amoureux de la marque pour payer le tarif Aston Martin, mais accepter un habitacle d’une qualité sans comparaison avec celui d’une Porsche ou d’une Ferrari.
Mais il se pourrait bien que la marque ait trouvé son sauveur providentiel en la personne de Lawrence Stroll. Avec lui aussi, Aston Martin a trouvé ce positionnement qui faisait défaut : des performances très légèrement en deçà de Lamborghini et Ferrari ainsi qu’un luxe et un raffinement intérieur n’ayant rien à envier à… Bentley.

Mieux qu’espéré
Tel est donc le cahier des charges de la Vantage Roadster, version topless de la « petite » Aston, qui cache sous son imposant capot avant un V8 4.0 litres de 665 ch. Coupé ou roadster, nous adorons le nouveau look de la Vantage. D’une part, elle est sculpturale, et sa sensualité, digne des meilleures époques de la marque, n’a clairement pas à pâlir face aux plus belles Ferrari du moment. Mais en plus, il y a dans son attitude quelque chose de « méchant ». Nous verrons cela…
À bord, dès les premiers regards, dès que la main effleure l’habitacle, il se confirme que le luxe est bien là, et que le souci du détail est effectivement typiquement britannique. Quel chemin parcouru depuis l’intérieur peu flatteur de la précédente Vantage ! Un luxe à la Bentley ? Peut-être pas ici. Mais la Vantage se montre bel et bien plus cossue et qualitative que ses concurrentes, notamment italiennes. Tout cela au détriment des performances ? Oui, comme nous l’avons écrit plus haut. Mais à quel point ?


Animale
Bien évidemment, la Vantage Roadster est aussi rapide qu’on l’attend de la marque et d’un tel moteur. Oui, on a dans les mains une vraie sportive, parfaitement compétente, mais qui ne prétend toutefois pas être « l’arme ultime ». Car plutôt que se mesurer à d’autres, elle veut avant tout vous faire plaisir. C’est pourquoi elle ose se montrer plus animale que les autres. Elle revendique un caractère un peu plus brut, moins « perfectionniste » dans certaines situations, comme une relance en sortie d’épingle, une accélération un peu sauvage, une réaction sur une bosse. La Vantage est plus « animée » que bien d’autres, et ça réveille le conducteur, sans pour autant lui faire peur. Oui, avec une Ferrari 296 ou une 911 GT3, on passerait bien plus vite aux mêmes endroits. Mais dans l’Aston, on se sent vivre un peu plus fort. À bon entendeur…
Par Laurent Zilli

Aston Martin Vantage Roadster Technical Specifications
Engine : V8 petrol, twin-turbo, 3.982cc ; 665hp @ 6.000 rpm ; 800Nm @ 2.750-6.000 rpm.
Transmission : rear wheels
Gearbox : auto 8 speed
L/w/h (mm) : 4.495/2.045/1.285
Top speed (km/h) : 325
0 to 100 km/h (sec.) : 3.6
Dry weight (kg): 1.665
Boot capacity (l) : 200
Tank capacity (l) : 75
Fuel consumption (l/100 km) : 12,3
CO2 (g/km) : 279
Price (€) : on demand
